Une petite présentation s'impose.

Moi, c'est Rockandgirl, je suis une fille qui n'a une vie passionante qu'à travers les histoires qu'elle se raconte dans sa tête, tard le soir, aprés avoir fumé un bon pétard. Je ne me fais aucune illusion sur mon style d'écriture, ma grammaire, mon orthographe. Je ne me trouve pas trés douée, mais j'ai une envie sincére de partager un peu de moi.
De mon monde.

Ici, j'exposerais mes nouvelles au grand jour. La plupart raconteront des histoires au féminin. Vous le comprendrez bien vite en entreprenant la lecture.

J'accepterais toutes genre de remarques à partir du moment où elles seront constructrices et avec un minimum d'orthographe :)

Au Plaisir.
Une petite présentation s'impose.

# Posté le mercredi 16 avril 2008 16:18

Modifié le mercredi 16 avril 2008 17:11

Lou [1]

Lou.

First Part.

Il était tard quand elle arriva en voiture devant l'appartement de son amie. Elle avait déjà loupé la moitié du concert, mais quelque part, elle s'en foutait du concert. Sa journée avait déjà été assez merdique à son goût, elle n'avait qu'une appréhension, celle que la soirée soit pire qu'elle ne l'avait imaginé. « Et encore un quart d'heure à poireauter... » Se dit-elle. Elle prit son portable et composa le numéro d'Emilie.
« - OUI, je sais, je suis en retard, je suis désolé, une affaire de dernière minute...
- Laisse moi deviner, tu ne trouves plus ton gloss?
- Très drôle... C'est juste que David vient de me téléphoner, je t'expliquerai ça dans la voiture, je prends mon sac et je descend.
- Ok, à dans un quart d'heure. »
Elle raccrocha, un peu à bout de nerfs. Elle avait beau adorer Emilie depuis toutes ses années, elle ne supportait toujours pas son manque de ponctualité. Elle l'avait rencontrée à l'époque du primaire, et Emilie fût la seule fille à oser aborder l'outsider des cours de récré. Elles avaient scellé leur amitié avec un échange de goûter et ne se quittèrent plus. Emilie était sa seule proche, la seule qu'elle considérait comme une s½ur et la seule qui avait réussit à la supporter toutes ces années sans broncher.
« - C'est bon, me voilà » dit Emilie en rentrant dans la voiture.
« - Waouh, t'as battu ton record, t'as descendu les escaliers en 10 minutes au lieu de 15.
- Laisse moi deviner...t'as tes règles ? Ou ta copine vient de te larguer ?
- Les deux »
Elle démarra en trombe et conduisit en direction du bar. Pas un mot ne s'échangére, Lou ne supportait pas lorsque Emilie sortait ce genre de phrase, elle la connaissait décidément trop bien.
« - C'était quoi le problème cette fois ? Qui a trompé qui ? » demanda Emilie, tout en se maquillant.
- Personne. Juste qu'elle en avait assez de me supporter.
- Tu m'étonnes, au bout de deux ans, c'est déjà un exploit.
- J'ai comme une envie de m'arrêter brusquement pour que tu puisses te crever un ½il avec ton eye-liner.
- Mais tu ne le feras pas.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis la femme de ta vie et que nous avons une histoire d'amour passionnelle et romantique.
- Tu savais que dans la plupart des livres, les histoires passionnelles et romantiques se finissent en meurtre.
Emilie rangea son maquillage. Elle se recoiffa et remit le pare-soleil en place.
- Bon sérieusement, dis toi que c'est un poids en moins, j'ai pas arrêté de te dire que c'était pas une fille pour toi, elle croyait que Jeff Buckley était le leader de Muse.
- C'est ce qui faisait son charme.
- C'est ce qui faisait sa connerie, oui. Crois moi, t'es bien mieux seule qu'avec elle.
- Je pourrais dire la même chose de ton David. Tu ne devais pas le larguer après l'avoir surprit la tête entre les jambes de sa collègue ?
- Si. Je l'ai fais. Mais il s'accroche, il m'appelle tous les jours. Il m'a dit que je lui manquais. Et j'ai vraiment envie de le revoir.
- Il a largué sa poufiasse ?
- Ce n'était pas sa pouffiasse... C'était juste un accident de parcours.
- Tout comme quand il est accidentellement tombé sur les lèvres de la fille accoudée au bar lors de ta soirée d'anniversaire il y a 3 ans ?
- Tu disais quoi à propos du meurtre ? »

Lou savait qu'elle n'aurait pas dû la provoquer mais c'était incontrôlable, une sorte de vengeance. C'était un ses nombreux défauts. Avec les années, elle devenait de plus en plus rancunière et impulsive, surtout avec les personnes qu'elle aimait le plus au monde. C'est sans doute pour ça que ses relations amoureuses n'excédaient pas deux ans d'existence.
Elle commençait à se dire qu'elle provoquait tout ça juste par plaisir d'être malheureuse.
Les filles arrivèrent enfin à trouver une place de parking. Elles descendirent de la voiture et se dirigèrent vers le bar. Il était situé juste en face de la plage, la mer était déchaînée, il faisait froid mais Lou aimait cette atmosphère, elle aimait ce vent qui lui fouettait le visage. Elle prit une grande bouffée d'iode et l'espace de cinq secondes, elle se sentit apaisé.
« - C'est bon, on a pas tout raté, ils sont encore en train de jouer. Tu veux une clope ?
- Oui, je veux bien.
- Putain de loi de merde. On se retrouve là en troupeau alors qu'il fait un froid glacial... »

Emilie parlait beaucoup, et beaucoup, c'est peu dire. Une vraie pipelette. Lou n'a jamais été lassé de l'entendre parler, la voir faire de grand geste, elle arrive à être emportée par tant d'enthousiasme. C'est aussi ce qui fait qu'elle soit si douée pour son métier de commerciale. Elle est tellement persuasive qu'elle arriverait à te faire acheter un livre d'Eve Angeli. Pour ce soir, Emilie avait mit un nouvel ensemble trop chic pour un concert de rock selon Lou. Toutes les deux étaient très différentes aussi bien physiquement que mentalement. Emilie cultivait sa féminité et sa garde robe. Elle aimait prendre soin d'elle, et cela se ressentait dans chaque détail de son look. Elle voulait plaire, elle aimait plaire. Lou, quand à elle, s'en fichait un peu, toujours des couleurs ternes. La dernière fois qu'elle mit une robe, c'était au mariage de son oncle lorsqu'elle avait 5 ans. La crise de pleurs qui a suivit dans l'église, convaincu à jamais sa mère de ne plus lui faire porter ce genre de vêtement. Emilie, à l'instar de sa mère ne cessait de lui faire des reproches sur son côté garçon manqué. Sans doute par pure plaisir de contradiction, Lou pris un malin plaisir à cultiver son apparence de «rock star», à toujours porter le même genre de veste en cuir, à boire comme un trou, à fumer comme un pompier, et à baiser toutes ses groupies. Elle s'était pourtant calmée avec l'arrivée de Charlotte dans sa vie. Comme si à 33 ans, elle avait enfin eu besoin de stabilité et d'arrêter un peu les conneries.

« - Bon, moi, j'en peux plus, je vais nous trouver une table. A tout de suite. » dit Emilie en rentrant en courant dans le bar.
Lou finissait tranquillement sa clope tout en observant les groupes de jeune postés devant l'entrée pour la même raison qu'elle. Deux ados déjà bourrées à 23 heures sortirent précipitamment, elles se soutenaient l'une l'autre pour ne pas tomber comme des merdes. Après avoir tituber quelques minutes, elles se postèrent contre le mur et se mirent à fumer une clope avec difficulté. Les deux jeunes filles devaient à peine frôler les quinze ans. L'une d'elle avait un petit n½ud noir qui ornait ses cheveux roses fluo, des petites étoiles dessinées au coin des yeux, du rouge à lèvres noir, une veste rayée noir et blanche, une jupe noir, et des chaussettes rayées rouges et noires remonté jusqu'à ses genoux. L'autre, était plus grande qu'elle, plus maigre, les vêtements étaient moins recherchés mais elle se distinguait avec un nombre impressionnant de bracelets à pics et quelques dreads vertes fluos. La gamine aux cheveux roses eut à peine le temps de dire qu'elle ne se sentait pas bien, qu'elle vomissait ses restes de repas dans le caniveau.
Lou prit un air dégoûté. « Si c'est pas malheureux à cet âge » se dit-elle intérieurement. Quand elle se souvint qu'elle était dans un état pire que ça, la veille. Elle prit soudain un méchant coup de vieux. Clope fini, elle alla chercher son capitaine de soirée dans le bar.
L'endroit était bondé, la musique du groupe était tellement forte qu'on ne s'entendait plus penser, il y faisait une chaleur étouffante. Après quelques efforts surhumains pour se frayer un chemin dans la masse de fans hystériques, elle finit par retrouver Emilie à une table, entourée de deux garçons.
« - T'en as mis un temps ! T'as fumé le paquet ou quoi ? cria t'elle à l'oreille de Lou.
- Non, je viens de me rendre compte que je n'ai plus quinze ans.
- QUOI ?
- LAISSE TOMBER
- Ok, je te présente Damien, un collègue de boulot, je t'ai déjà parlé de lui. Et voici, Léo, son ami. »
Lou leur fit la bise, ce qui surprit Emilie, son amie n'était pas du genre sociable, et elle la soupçonnait d'avoir déjà bu quelques verres au bar.
« - T'es vraiment à côté de la plaque ma fille.
- QUOI ?
- LAISSE TOMBER ! »
Lou ne pu s'empêcher de sourire malgré ce foutage de gueule flagrant. Ça devait être ça l'ingrédient de leur solide amitié. Lou s'assit à côté de Léo et prit part à la conversation un peu à contrec½ur. Ce soir, son seul but était de s'oublier dans l'alcool et la musique. Léo prit les commandes et se dirigea au bar.
« - Alors, tu bosses dans quoi ? Lui demanda Damien.
- Dans un label rock indépendant, je vais à la rencontre des groupes qui nous envoies une maquette, si je vois qu'ils sont aussi talentueux sur scène que sur leur maquette, je leur propose de s'associer à nous et je leur fais signer un contrat.
- ça doit être passionnant. Je suppose que si t'es là, c'est pour le boulot.
- Non, ce sont des amis. »
"Amis" était un bien grand mot pour Lou, elle était une solitaire et ne s'entourait de peu de personne, disons juste qu'elle aimait leur musique. Léo revint à la table avec trois grandes chopes de bière et une vodka pomme pour Emilie.
« - C'est ma tournée » dit-il avec un large sourire. Bizarrement, Lou le trouvait de plus en plus sympathique, et elle vit qu'il en était de même pour Emilie. A l'inverse, au fur et à mesure de la soirée, elle trouvait Damien de plus en plus lourd avec ses allusions douteuses et ses méthodes de drague pas très renouvelées.
« - Je suis désolé que tu sois lesbienne, une jolie fille comme toi, quel gâchis... Peut-être que si tu m'avais rencontré durant l'adolescence...
- Je serai devenue lesbienne encore plus tôt ? »
S'en était trop, il fallait qu'elle quitte la table. Elle n'avait rien contre les hommes, elle détestait juste les mecs qui insistent et se prennent pour des putains de cador, croyant qu'ils leurs suffit d'un claquement de doigt pour faire virer la cuti d'une lesbienne. Elle se leva brusquement.
« - où est-ce que tu vas ? lui demanda Emilie surprise.
- Je vais commander un verre au bar. »
Elle prit la direction du comptoir et dû bousculer quelques personnes lui barrant le chemin.
« - Un whisky, s'il vous plaît »
Après quelques minutes d'attente, le barmaid la servit. Elle bu son verre cul sec et en recommanda aussitôt un second. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû venir, elle voulait juste se mettre une mine tranquillement, maudire son ex ou même lui tagger sa caisse. Parler des heures avec sa meilleure amie, pleurer un bon coup, et rentrer se coucher. Mais non, même ça, c'était trop demandé, il fallait qu'elle supporte un gros lourd pendant que sa pote se faisait draguer. Elle en était à son cinquième whisky. Elle commençait à être bourrée. La soirée allait peut-être lui devenir plus supportable. Elle reprit le même parcours du combattant pour retrouver son siège. Quand elle arriva devant sa table, une autre jeune fille avait prit sa place. Une petite brune, assez menue, de long cheveux noirs descendait jusqu'en bas de son dos. Sa peau était très pâle mais il faisait ressortir la couleur de ses lèvres rouges, pulpeuse. Son regard était perçant, vif, entouré de noir. Elle portait une chaîne en argent avec un ange, autour du cou.
Lou n'en croyait pas ses yeux, ça ne pouvait pas être elle. Pas après toutes ses années.
Damien la coupât dans sa contemplation.
-Ah, Lou, tu tombes bien, je te présente...
- Alys... ça fait longtemps... comment tu vas ?

© Copyright Rockandgirl.
Lou

# Posté le mercredi 16 avril 2008 16:22

Modifié le mercredi 16 avril 2008 21:55

Lou [2]

Lou


Second Part.


"Salut, comment tu vas?" Lou se sentait très conne d'avoir dit ça, dix-huit ans qu'elle rêvait de la revoir et tout ce qu'elle trouve à dire, c'est quelque chose d'aussi banal, elle s'en voulait. Alys la dévisageait, observant les moindres détails du fantôme de son passé. Lou ressentait un mélange de tristesse et de colère dans son regard bleu azur. Une douleur se réveillât dans son ventre. Elle voulait revenir en arrière.

Lou avait 17 ans, elle n'était pas encore si amère qu'aujourd'hui, elle était pleine d'espoir, et se voyait un avenir radieux. Ce n'était pas une fille populaire à proprement parler, mais avoir son groupe de rock inspirait la sympathie et le respect. C'était une époque où elle ne pouvait se séparer de sa guitare, la musique était sa compagne, chaque blessure du c½ur, elle le transposait en musique. Au départ, elle voulait juste jouer seule, puis elle rencontra des filles pour qui la musique était une raison de vivre. Elles passèrent facilement des répétitions dans le garage à la scène. Elles réussirent à devenir une petite gloire locale et à avoir un petit lot de groupies qui ne rataient jamais un de leur concert. Lou était à la guitare, à l'écriture des textes, et quelques fois au chant. Leur répertoire n'était pas très élargi et il était composé surtout de reprises. Ça ne les empêchait pas de remplir les bars où elles passaient dans leur région.

« - Raaaa ça me gave de rejouer dans ce bar, le patron est un vrai con. »
Tox râlait toujours pour un oui ou pour un non, elle disait que c'était génétique, prolétaire à la vie à la mort. Elle était la plus âgée et la bassiste du groupe ainsi qu'une sorte de leader. Elle prenait soin de chaque membre et n'hésitait pas à montrer les crocs pour protéger ses petits.
« - Je te signale que c'est toi qui lui a promit deux concerts, maintenant t'assumes.
- J'étais complètement déchirée...
- Raison de plus pour arrêter la fumette
- Ta gueule et roule ! »
La rouleuse de service, c'était Lucie, petite punkette, toujours à l'ouest mais d'une lucidité étonnante pour son âge. Ptite Lu, un concentré d'amour et de fragilité, qui n'avait pas eu une vie facile. Abandonné par son père à l'âge de sept ans et élevée par une mère qui lui montrait son affection qu'avec son fric. Ce petit oiseau s'évadait de son nid dés qu'elle le pouvait, et préférait passer ses nuits dehors plutôt que de rentrer chez elle. Elle vivait au jour le jour, sans se poser de question. Chaque banc pouvait devenir son lit le temps d'une soirée, tous ses mecs passaient dans sa vie en coup de vent, et ses amies étaient en réalité sa seule famille et le seul lien stable qui lui permettait de ne pas sombrer.
Lou ne pouvait s'empêcher de l'admirer dés qu'elle se mettait derrière sa batterie. Elle se demandait toujours comment cette demi-portion, si douce et si calme dans la vie, se transformait en vraie furie, pleine de rage et de colère le temps d'un concert.
« - Dis toi qu'il a remplacé les amplis, ça sera déjà plus agréable de jouer... » Dit Jesse pour essayer de calmer son amie.
Tox fit une grimace pour acquiescement et lui passa le joint. Jesse tirât une grosse latte et changea de sujet, histoire de détendre Tox avant le début du concert.
Jesse, c'était madame "pied sur terre". Au début de leur aventure, elle était juste là parce que Lucie lui avait demandé. La musique était juste un passe-temps, rien de sérieux. Mais au fur et à mesure des répétitions, elle prenait de plus en plus de plaisir à chanter et s'éclatait sur scène. Elle était très différente des trois autres. Assez désinvolte dans son attitude, mais ce n'était pas une marginale. Elle vivait chez ses parents, avait des notes excellentes, comptaient faire des études de droit après le bac. Lou l'imaginait souvent dans le futur mener une vie très conventionnelle avec mari, enfants et crédit sur vingt ans.

« - Hé Lou, ça va ? » lui demanda Lucie.
- Ouais... ouais... un peu crevée.
- Pourquoi ? T'as fais des folies avec qui ?
- Avec ma guitare.
- Hum... tu devrais faire attention à ne pas trop en abuser de ta gratte, jte rappelle que la masturbation rend sourd.
- C'est le but, comme ça je ne suis pas obligée d'entendre tes conneries. »
Lucie lui fit un doigt d'honneur, et elles commencèrent à se battre, et à se rouler dans l'herbe.
« Putain ! Faites gaffe à ma bière !! Vous commencez à m'emmerder !!! » Cria Tox.
S'en suivit un gros fou rire des filles. C'était leur jeu préféré de faire craquer Tox, surtout quand elle était au bord de la crise de nerf avant chaque concert.
Lou et Lucie avaient une amitié particulière, très tendre. Pour tout avouer, Lou était un peu amoureuse d'elle mais savait qu'elle n'aurait jamais la force de lui avouer. Lou savait qu'elle était lesbienne mais personne n'était au courant. Pas par peur, juste qu'elle voulait garder ça pour elle, c'était son jardin secret, elle ne ressentait pas encore le besoin de l'étaler au grand jour. Elle avait déjà eu quelques histoires d'un soir avec des filles, mais jamais rien de concret. La seule qui la faisait craquer, c'était Lu, et ça lui convenaient. Elle avait déjà un faible pour les filles paumées.
« - Les filles, c'est à vous » dit un homme d'une bonne cinquantaine d'années, une gueule ravagée par le pinard.
« - Jpeux vraiment pas le sentir ce mec » soupira Tox.
« - Ce que tu sens surtout c'est son haleine de chacal, allez, bougez vous, Show must go on » dit Jesse, en se relevant.
Le groupe monta sur scène et fût tout de suite acclamé par les quelques fans avec un taux d'alcool supérieur à 0,5 grammes. Lou aimait cette sensation, ça lui plaisait de sentir ses tripes se nouer, cette peur soudaine de se merder, puis elle enchaîna quelques riffs. C'était parti. Hurlement à gorge déployée, solo de guitare à la Jimi Hendrix, les pogo de plus en plus violent. Son moment préféré, c'était lorsqu'elle se jetait sur le public avec cette peur au ventre, en pensant que cette fois, il ne la rattraperait pas. Pourtant, ça n'a jamais raté, le public était toujours là pour la soutenir et lui faire traverser une partie de la salle.
Fin du concert. Succès incontesté. Elle suait à grosse goutte, elle avait mis toute son énergie comme d'habitude, elle ne ressentait plus rien, plus de douleur, plus de tristesse, elle était en paix avec elle-même. Après un passage rapide en "coulisse" pour ranger une partie de leur matos, la fête pouvait commencer. On offrait aux filles de nombreuses tournées, et on se cessait de les complimenter sur leur prestation.
C'est entre quelques pintes de bières que Lou se sentit observée. C'est là qu'elle la vit pour la première fois. Une jeune gothique la dévisageait à l'autre bout de la salle. Son regard perçant la rendait assez mal à l'aise. Elle avait l'impression que cette fille voulait la bouffer ou lui casser la gueule. Voir lui casser la gueule et la bouffer. C'est alors que la goth bougea de sa chaise, et s'approcha de Lou tout en continuant de la fixer.
Elle était enfin devant elle, et Lou s'attendait au pire.
« - C'est toi qui compose les chansons ?»
« - Oui... pourquoi ça ?» lui répondit-elle timidement.
« - Parce que c'est vraiment de la merde.
- Si ça ne te plaisait pas tu pouvais te casser.
- C'est quoi tes influences ?
- En quoi ça te regarde ?
- C'est quoi tes influences ?
- Sex Pistols, Clash...
- Classique... Mets toi à Patti Smith et Janis Joplin, et prends en de la graine.
- De quoi je me mêle ?
- Moi, c'est Alys.»
Lou était complètement abasourdie, elle ne pouvait plus sortir un son. Alys continuait de la fixer, puis elle sortit du bar. Mais c'était quoi ce numéro ? Lou n'en revenait pas, non seulement c'était la première fois qu'on critiquait sa musique, mais c'était la première fois qu'une fille aussi bizarre l'abordait. Son ego venait d'en prendre un coup et elle ne laisserait pas passer ça.
Le lendemain, après s'être remis de sa cuite et de sa rencontre fortuite, elle courut chez le disquaire dépensait ses quelques économies en album de Patti Smith et de Janis Joplin. Elle tomba amoureuse de la chanson « Gloria » et inconsciemment comprit le message d'Alys. Elle prit une feuille et se mit à écrire.

Une semaine plus tard, elle donnait un autre concert, et Lou chanta sa nouvelle chanson.
Elle vit au loin Alys qui la regardait. Ça lui donnait envie de donner le meilleur d'elle-même. Elle chantait pour cette inconnue. Elle vit Alys sourire. Plus tard, dans la soirée, Lou prit son courage à deux mains et alla la voir:
« - J'ai suivi ton conseil.
- ça ne t'a pas fais de mal, même si c'est pas encore ça. C'était qui cet « ange de la réflexion » dans ta chanson ?
- Tu le sauras en buvant un verre avec moi. »
Alys sourit de nouveau et lui proposât de s'installer à sa table.

« - Désolé, Damien, il faut que j'y aille. A un de ces jours. » Elle prit ses affaires et partit à toute vitesse.
« - Alys, attends ! Attends ! »
Lou ne se posât pas de question et fonçât pour la rattraper.
« - Merde, attends moi »
« - Dégage, jveux pas voir ta gueule. »
« - ça fait plus de quinze ans, y'a prescription. Tu as changé, j'ai changé, on peut s'adresser la parole ne serait-ce que cinq minutes.
- et pourquoi je te ferais ce plaisir ? Parce qu'on est adulte aujourd'hui, et qu'on veut ressasser le bon vieux temps, se raconter notre vie actuelle et faire comme si rien ne s'était passé.
- Oui.
- Non, en fait, t'as pas changé, t'es toujours aussi conne.
- Et toi, toujours aussi aimable. »
Alys traçait son chemin, et Lou l'empoignât pour la retenir.
«- Tu vas me foutre la paix ?!
- Non, je ne veux pas, ça fait trop d'années que je n'ai pas cesser de retourner notre histoire dans ma tête, j'ai imaginé tous les scénarios possible sur ce que je pourrais te dire si jamais je te revoyais, mais là, j'ai rien en stock, j'ai juste besoin de te parler, besoin de m'expliquer.
- Et t'espères que je vais te pardonner dix-huit ans après, tu me prends pour mère Théresa ?! Pour moi, c'est du passé, t'entends ? J'ai tourné la page, tu ferais mieux d'en faire autant.
- Ah ouais ? C'est pour ça que tu portes encore mon collier ? »
Alys la dévisagea et serra sa main droite autour de l'ange qu'elle portait autour du cou.
« -S'il te plaît, laisse moi te parler, on en a besoin autant l'une que l'autre. »


© Copyright Rockandgirl.
Lou

# Posté le mercredi 16 avril 2008 16:29

Modifié le mercredi 16 avril 2008 21:55

Lou [3]

Lou

Third Part.


Lou l'avait convaincue de faire quelque pas avec elle. Elles marchèrent en direction de la plage. Le vent s'était calmé, les nuages laissaient place à une nuit étoilée. Le bruit des vagues comblait leur silence. Elles avaient pourtant beaucoup de choses sur le c½ur.
Le fait de se tenir prés d'Alys ravivait beaucoup de souvenirs heureux, un sentiment de nostalgie s'empara d'elle.

Lou avait 17 ans, et elle était amoureuse pour la première fois. Elle comprenait enfin le sens de ce mot et ce n'était rien par rapport à ce qu'elle avait déjà vécu. Cette fille, c'était son âme s½ur, son amie, son amante, son mentor. Elle la protégeait et se reposait sur elle. Quand elles ne savaient pas où dormir, les bras d'Alys devenait son foyer. Son amour la rendait forte et vulnérable. Tant de sentiments contraires se bousculaient en elle. Elle savait juste qu'elle était sienne.
Elles étaient ensemble depuis plusieurs mois, une sorte de routine commençait à s'installer. Il ne s'agissait pas d'une routine intérieure, non, juste qu'elles avaient leurs jours pour se voir, leurs endroits pour se retrouver, leurs soirées. Pour la première fois, Lou sentait qu'elle pouvait vraiment faire confiance.
Elles adoraient se retrouver tard le soir. Lou n'hésitait pas à grimper jusqu'à la fenêtre de sa bien aimée, et se glisser dans ses draps, pour repartir tôt le lendemain matin avant que la mère d'Alys puisse s'apercevoir de sa présence. L'influence d'Alys se ressentait aussi sur sa musique. Elle était sa « bibliothèque du savoir musicale », elle lui ramenait de nombreux disques et passaient leurs après-midi à les écouter ensemble. Leur vie était belle, bohême, bien loin des attentes de la société. Elles se racontaient leur vie, comment elles voyaient leur avenir. Alys se confiait sans crainte :
« - Je t'avais vu en concert au moins quatre fois avant de venir t'aborder ce soir là.
- Je ne t'avais jamais remarquée...
- Je disparaissais à la fin, j'avais trop peur de tomber sur toi, sans savoir quoi dire.
- T'as eu le temps de préparer ton entrée... J'étais sous le choc. J'ai crû que tu cachais une batte de base-ball derrière toi et que tu voulais me faire la peau.
- Non, c'était tout le contraire... j'étais pétrifié, j'ai enchaîné les phrases le plus vite possible pour partir me cacher. »
Lou l'embrassa dans le cou.
Alys sourit et lui avoua que si elle avait une apparence si froide, c'était parce qu'elle avait eu de nombreux coups durs dans sa vie. Ça lui permettait de faire un certain tri dans ses relations, et de se protéger, mais quand elle vit Lou pour la première fois, elle n'avait eu qu'une envie, celle de baisser sa garde.

Avec le temps et la volonté de donner le meilleur d'eux-même, le groupe prit une certaine maturité, et les professionnels de la musique commençaient à les prendre de plus en plus aux sérieux. Les filles effectuaient des tournées hors de leur région, voyaient du pays, et partirent même plusieurs fois à l'étranger.
Mais le rêve finit par prendre fin le jour où Alys eu besoin de se poser.

« - Tu comprends, je voudrais un endroit à nous, j'en ai marre de te voir en coup de vent.
- Oui, mais toi tu comprends que ce n'est pas le moment pour moi de m'installer ? Le groupe commence à se faire un nom, on doit tout le temps bouger.
- Et en quoi ça t'empêche d'avoir un "chez nous" ?
- Si on se prend un appart, je vais être obligé de trouver un job, et je ne pourrais plus vivre de ma musique comme je le fais aujourd'hui. C'est trop tôt.
- Oui, je crois qu'on n'en est pas au même stade.
- Mais c'est quoi le problème ? Tout allait très bien jusqu'à ce que tu te mettes en tête de vouloir vivre avec moi. Ça ne te plait pas notre vie ?
- Si, mais j'ai besoin d'évoluer, d'avancer.
- Et moi, j'ai besoin de vivre.
- Si c'est ce que tu penses, tu ferais mieux de partir.
- Très bien. »

Elle prit sa veste, et sortit par la fenêtre de la chambre, s'en se doutait une seconde que cette dispute allait déclencher la fin de leur histoire.

Lou finit par briser son dialogue intérieur et prit la parole :
« - Tu vis toujours ici ?
- Tu veux vraiment commencer par des banalités ?
- Je t'ai recherchée... j'ai été voir toutes les personnes que je connaissais pour retrouver ta trace, je suis allé dans tous les endroits où l'on était passé. Dans tous les squatts, j'ai même eu le courage d'aller chez ta mère, mais rien. Tu avais disparu de la circulation.
- Je sais.
- Comment ça « tu sais » ?
- J'étais chez ma mère. Je n'avais pas quitté la ville et je n'avais pas quitté ma chambre non plus.
- Mais quand j'y suis allé... je suis rentré de force, et... et je ne t'ai pas vu.
- Quand je t'ai entendu à la porte, j'ai emprunté ta méthode pour filer sans me faire repérer.
- Pourquoi ?
- Parce que si je t'avais eu devant moi, je t'aurais pardonnée.
- Et c'était si dur que ça de me pardonner?
- Oui. Encore aujourd'hui.
- Je suis désolé. »

C'était la première fois qu'elle avait pu lui dire en face. Des excuses qui venaient de loin.

« - C'était si énorme ce que je t'avais demandé ? Je voulais juste vivre avec toi.
- Je... je n'étais pas prête.
- Pas prête à quoi ? C'était simple. On s'aimait.
- Non, justement, ce n'était si simple. C'était énorme. J'étais une gamine, je ne voulais pas m'enfermer dans une prison dorée. Vivre avec toi, c'était accepter une vie qui ne me ressemblait pas. J'avais peur. Je ne contrôlais rien, je ne contrôlais pas mes sentiments, je... je ne voulais pas devenir adulte.
- Et c'est comme ça que tu justifies que tu m'aies trompée ?
- Je ne me justifie pas, je t'explique ce qui s'est passé dans la tête d'une gamine de 17 ans à qui tu demandes de t'engager. Je ne connaissais rien à la vie, je croyais que si... que si je restais prés de toi, j'allais passer à côté de ma vie, à grandir trop vite. Mais c'est le contraire qui s'est produit. Et aujourd'hui je regrette profondément mes erreurs.
- Tu ne peux pas changer le passé.
- Si tu savais comme j'aimerais que ça soit possible. Aujourd'hui, on serait peut-être encore ensemble. »


© Copyright Rockandgirl
Lou

# Posté le mercredi 16 avril 2008 21:41

Modifié le mercredi 16 avril 2008 21:54

Lou [4]

Lou


Fourth Part.


« - Et en plus tu crois encore au père noël... » Lui dit Alys d'un ton moqueur.
« - Tu ne me laisseras pas un instant de répit ?
- Pas un seul, jusqu'à la fin de tes jours.
- Je te vois bien en fantôme casse-couilles »
La tension disparaissait petit à petit. Elles réapprenaient à s'apprivoiser l'une, l'autre, en douceur.

« - Je savais bien que c'était trop beau pour durer, non... ça ne pouvait pas durer ce bonheur »
Lou recommanda une pinte de bière. Elle était dans ce bar depuis deux heures à boire jusqu'à plus soif.
« - C'est pas encore fini, je te signale, et ça pourrait même durer si t'arrêtais les conneries.
- Je t'ai rien demandé Tox.

- Non, mais j'en ai rien à battre de ta permission, t'es en train de tout gâcher.
- Gâcher quoi ? Elle veut que j'arrête la musique.
- L'alcool t'a détruit le cerveau ? Y'a encore quelqu'un de censé là-haut ou ta raison se noie dans la bière ? Elle t'a juste demandée de vivre avec elle, si ça c'est pas de la preuve d'amour.
- Non, elle veut m'enfermer. Moi, j'ai pas envie de me poser, je veux faire mes tournées, je veux voir d'autres gens, d'autres villes. Je suis trop jeune pour ces conneries.
- C'est toi la connerie, à raisonner comme ça, tu vas t'en mordre les doigts.
- Ou le contraire.
- T'es vraiment une abrutie quand tu t'y mets. Jme barre.
- Ouais, c'est ça, casse toi, je manque d'air.
- T'en auras bien assez d'air quand tu te retrouveras seule au monde »

« - Pourquoi t'es venue ce soir ? »
« - Tox m'avait invitée » lui répondit Alys.
« - T'es encore en contact avec elle ?
- Non, mais on s'est croisé il y a quelque semaines, elle faisait un concert « retrouvailles » avec Jesse, et elle m'a invitée. Je ne me doutais pas que tu serais là.
- Et si tu l'avais su, tu serais venue ?
- Non.
- Et en vrai ? »

Alys se tût et s'assit dans le sable. Face à la mer, le regard triste. Lou en fît de même. Son mal de ventre se calmait.

« - J'ai toujours su que c'était pas une fille pour toi. » lui dit Lucie sur un ton compatissant. Le ton des amis qui ne savent pas quoi dire pour réconforter mais essaye tant bien que mal.
Entendre cette phrase lui faisait plus de mal que de bien. Lucie avait peut-être raison. Peut-être qu'elle s'était fourvoyée tout ce temps. Ce n'était qu'une illusion de plus.
« - C'est une fille comme une autre, je vais te la faire oublier moi.
- Et comment tu compte t'y prendre?
- En te saoulant à mort.
- Merci, mais comme tu vois, j'y arrive très bien toute seule.
- Oui mais moi, je peux t'apporter un plus que ne t'apporteras pas l'alcool. »
Lou ne comprenait pas très bien où elle voulait en venir, tout commençait à devenir flou. Elle vit Lucie s'approcher de plus en plus. Elle l'embrassa.
La voix de sa conscience lui criait qu'elle ne devait pas faire ça mais elle continua.
Lucie lui prit la main et lui demanda de la suivre. Elle pensait à Alys mais elle la suivit quand même. Lucie l'emmena chez elle, et Lou se rendit compte que c'était la première fois qu'elle mettait les pieds dans sa maison. Ce n'était pas un des endroits où elles avaient l'habitude de se retrouver. Non, c'était la maison où la petite punkette n'aimait pas vivre. Elles restèrent au rez-de-chaussée, dans une petite pièce aménagé par Lucie, affiches de Bob Dylan, et de Led Zeppelin au mur. Quelques cadavres de bouteilles par ci, par là. Un tourne disque avec une collection impressionnante de vinyles. Lucie mit "Hallelujah" de Jeff Buckley et s'approcha de Lou. Elle l'embrassa une nouvelle fois, et la poussa contre le canapé lit puis s'allongea sur elle. Lou se laissait faire. Elle savait qu'elle empruntait un chemin dangereux mais elle n'écoutait plus son c½ur, juste son désir. Son désir de se prouver qu'elle était libre.

Le ciel commençait à s'éclaircir, le jour allait bientôt se lever.
« - Tu composes encore des chansons ? » lui demanda Alys.
« - Non, j'ai arrêté. J'ai arrêté de jouer de la guitare après que l'on se soit quittée.
- Pourquoi ?
- Parce que je n'avais plus de raisons d'en jouer, plus de raisons et plus d'envie »

« - Lucie, on a fait une très grosse erreur, là »
Lou venait de se réveiller, la culpabilité s'emparait d'elle. Elle se rhabilla en vitesse, ce qui lui provoqua un mal de tête horrible.
« - ça n'avait pas l'air si horrible que ça hier soir. Même qu'une fois, ça ne t'a pas suffit.
- Tu sais très bien où je veux en venir. Puis j'étais saoule.
- Oh... Et c'est moi la grosse méchante qui a profité de toi.
- Tu sais très bien où je veux en venir.
- Tu regrettes ?
- Oui et non.
- Mais encore...
- Je ne regrette pas de l'avoir fait, j'en ai toujours eu envie... sauf que... j'aurais aimé que ça se fasse à un autre moment. Avant que je la rencontre mais aujourd'hui c'est Alys qui compte.
- C'est facile de dire ça maintenant, après avoir pris ton pied.
- Je sais que j'ai fais une connerie.
- T'es comme les autres, maintenant que t'as pris ton pied, tu te casses retrouver ta copine. Je croyais que je comptais pour toi.
- Mais tu comptes énormément.
- C'est bon, ferme la, reprend tes merdes. Je ne veux plus te voir. »
Lucie se mit à pleurer, Lou tenta de la prendre dans ses bras mais se fît repousser. Elle prit la porte, elle était en colère contre elle-même, elle se retenait de ne pas pleurer à son tour, mais les larmes coulaient quand même. Elle traça son chemin, ne sachant pas où aller, elle parcourait les rues, et se retrouva face à un cul-de-sac. Elle vit cet énorme mur devant elle et craqua. Elle hurla de tout son être, frappa ce mur. Elle canalisait toute sa rage dans son poing, elle voulait ressentir la douleur, se punir. Son poing se mit à saigner mais elle frappait de plus en plus fort jusqu'à s'effondrer. Elle se sentait pathétique contre ce mur et près d'une benne à ordure. Elle avait mal, mais plus rien n'avait d'importance.

Lou et Alys se tenaient toujours assises dans le sable quand une sonnerie de téléphone interrompit leur silence. Lou sortit son portable de sa poche, c'était un message d'Emilie :

« J'ai comme l'impression que tu m'as oubliée dans le bar. Même si je ne vois pas ce qu'il y a de plus important que moi dans ta vie, je veux bien que tu puisses voir d'autres femmes, ça ne fera pas mal à notre vie de couple (puis ça m'arrange, comme ça, j'ai pu repartir en compagnie de Leo, il est formidable ce mec, il m'a invité à dîner. Je sais, je suis irrésistible). Téléphone moi dés que tu peux pour me raconter ton aventure en détail.
P.S : Si tu as couru après cette fille, c'est qu'elle doit compter pour toi, alors t'as pas intérêt à la laisser filer, sinon t'auras de mes nouvelles.
A plus, mon amour. »

Lou ne put s'empêcher d'éclater de rire. Alys lui demanda la cause de cette hilarité. Elle lui répondit que c'était une longue histoire.
« - Un peu comme la nôtre » lui dit Alys.
« - En moins compliquée. »

Lou dû faire un tour par la case médecin, elle s'était bien amochée la main et ne pouvait plus bouger ses doigts, mais sa douleur principale ne venait pas de sa main, elle venait de son c½ur, de ses tripes. Comme si chaque part de son être voulait lui faire payer sa connerie.
Il fallait qu'elle retrouve Alys. Qu'elle lui explique. Elle n'y voyait pas plus clair dans ses sentiments, mais il fallait qu'elle lui dise que c'était elle qu'elle aimait. Elle et personne d'autre. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que Lucie avait prit les devants et avait mis au courant Alys de leur aventure d'un soir.

Lou la chercha partout et la retrouva dans le parc où elles avaient l'habitude d'aller. Assise sur un banc, complètement stoïque. Lou s'assit prés d'elle.
« - Alys...
- T'emmerdes pas, je suis déjà au courant.
- Je ne voulais pas...
- Mais tu l'as fait, t'es vraiment qu'une salope.
- Si... si je pouvais tout effacer, je le ferais, je te le jure.
- Espèce de lâche, même ça, t'as pas le courage de l'assumer... C'est fini. »
Sur ces mots, Alys partit, laissant Lou toute seule sur le banc, comme une conne. Le banc où elles avaient pris l'habitude de se retrouver, de s'embrasser, de choquer les passants. C'était fini, et elle était seule. Elle n'eut même pas assez de force pour pleurer. Elle était vide. Elle n'eut même pas le courage de la retenir. A quoi ça sert de forcer quelqu'un à rester quand celle-ci ne veut plus de vous ?
Elle croyait qu'elle allait se réveiller, mais elle l'était bel et bien réveillée. Son retour à la réalité lui arracha le c½ur. Elle ne serait plus jamais la même.

Le soleil commençait à se lever. Lou trouvait ça magnifique. Elle avait perdu l'habitude d'être émerveillée par ses petits cadeaux de la nature qui rendent la vie plus agréable.
« - Je crois que je vais rentrer » lui dit Alys.
« - Je peux te raccompagner si tu veux. J'ai ma voiture.
- Non, c'est bon, j'habite pas loin.
- Je peux quand même te raccompagner...
- J'avais oublié que t'étais si têtue.
- Tu veux bien qu'on se revoit... ?
- A une condition.
- Laquelle ?
- Que tu ramènes ta guitare. »

Lou lui sourit et se dit à elle même que ce lever de soleil est le plus beau de sa vie.

The End
© Copyright Rockandgirl

Lou

# Posté le jeudi 17 avril 2008 18:51

Modifié le jeudi 17 avril 2008 20:10